Les mines de fer

Les mines de fer de Haute-Savoie sont de quatre sortes :

  • mines de fer carbonaté ;
  • mines de fer hydraté terreux ;
  • mines de fer hydraté oolithique ;
  • mise de fer oligistes.

On rencontre des fers hydratés terreux presque exclusivement dans la partie du territoire occupée par les terrains jurassiques supérieurs et crétacés de la Savoie-Propre, de la Tarentaise, du Genevois, du Faucigny et du Chablais.

Le centre d’exploitation le plus avantageux est situé à Cuvat, Ferrières et Cruseilles, ce dernier restant de moindre importance.

L’exploitation à Cuvat se trouvait sur le versant oriental de la montagne de la Mandallaz, près du village des Lavorels.

Le minerai terreux ou cloisonné qui remplissait les fissures était exploité à la pioche, au sol et au plafond des galeries. Il était conduit ensuite jusqu’à un puits avec des brouettes et extrait dans des bennes à l’aide d’un treuil.

L’exploitation était faite par les paysans de Cuvat et de Ferrières qui travaillaient par petites associations indépendantes les unes des autres. En 1862, il y avait une vingtaine d’ouvriers travaillant pendant l’intervalle que leur laissaient leurs exploitations rurales.Chaque association faisait ses travaux de préparation, puits, galeries, extrayait le minerai, le débourbait et se chargeait du transport à l’usine de Cran distante de 14 km.

Celle-ci payait la tonne de minerai (une douzaine de bennes) de 13 à 15 Francs de l’époque et fournissait l’huile, les cordes, les bennes, les outils et le bois d’étayage. Tout le reste, y compris les travaux préparatoires et le transport, restait à la charge des ouvriers mineurs, qui payaient aux voituriers de 5 à 6 Francs par douzaine de bennes.

L’effet utile de l’ouvrier pour abattage, extraction et débourbage était de 240 kg de minerai propre de fusion par jour ce qui lui assurait un salaire journalier de 2 Francs.

En 1862, alors que l’activité était déjà en baisse, Cuvat avait envoyé à Cran 2500 quintaux métriques et Cruseilles cinquante.

L’histoire des mines de Cuvat s’étale sur plusieurs siècles. Le nom de Ferrières qui évoque clairement son activité minière apparaît sur la mappe Sarde de 1730. On sait également que le fer était travaillé au moulin entre Proméry et Pringy, en pleine activité jusqu’en 1800, puis en déclin dans la 2ème moitié du 19ème siècle pour finalement fermer en 1905. Certaines galeries sont encore visibles aujourd’hui dans la Mandallaz.

Certains noms de voies témoignent de l’ancienne activité : chemin de la Ramesse (la ramesse désigne le traîneau sur lequel le sac de minerai de fer était traîné dans la descente).

Source : “La Savoie industrielle” de M. Victor BARBIER, Directeur des douanes, membre effectif de l’Académie de Savoie