L’incendie du Presbytère en 1878

(Extrait du registre des délibérations du 20-21 nov. 1878)

L’an mille huit cent soixante dix huit et le mercredi vingt du mois de mars vers onze heures et quart du soir par un ciel étoilé et une assez forte bise au chef lieu de Cuvat. L’ancien presbytère de Cuvat portant la date de 1644 où intérimait le vicaire révérend François Antoine Reydet de la Frasse, sa sœur Emerencie lui faisant compagnie.

Saisissant l’occasion de la vacance de la cure pour y faire procéder à d’urgentes réparations locatives, Messieurs Donat Lavorel, président du conseil de Fabrique et le maire de la commune, Félix Bertherat avaient donné précédemment un forfait, l’entreprise de cette réparation a Pierre Gaillard, peintre plâtrier, Faubourg 39 à Annecy et son ouvrier André qui au presbytère de Cuvat pour le besoin de leur art éclairèrent un feu mal marbré à la salle faisant office de salon dont la cheminée débouchait dans celle de la cuisine à la hauteur de la poutraison de l’étage supérieure un feu de suie y aillant déjà éclaté la veille, dix neuf mars vers quatre heures du soir et qui a été éteint sans inspiré de crainte ultérieure sans une tête de poutre murée dans la hotte de la cheminée et qui a probablement couvée le feu pendant trente heures.

La version la plus rapprochante est que l’incendie aurait éclaté entre le plafond et le plancher près de la paroi murale qui retenait l’extrême de la poutre dont il est parlé plus haut. Cela étant le feu s’est allumé justement au dessus où aux combles il y avait matière à l’alimenter quand tout le monde était au premier sommeil.

Monsieur le vicaire a été réveillé que par la chute à brasser des tuiles par l’ouverture du grenier. Son premier mouvement a été d’appeler sa sœur qui croyait à un assassinat.

Leur premier soin fut d’appeler aux secours en approchant du Murgier, qui, quoique tardif, furent très utiles pour déménager les papiers, les registres, le mobilier de la cure et les archives, documents livres registres et papiers de la Mairie où tout était logé au rez de chaussée dans la salle consulaire.

Le travail de sauvetage a pu s’effectuer sans trop de danger grâce au terrassement qui recouvrait une grande partie de presbytère et aux jets de sauts d’eau fournis par les deux puits de la Cure et de la ferme.

La toiture de l’église a couru les plus grands risques : attendu sa proximité d’environ deux mètres d’intervalle, la maison fermière sise au sud ouest a failli aussi être incendiée. Les avants toits abritaient du fourrage et la moitié du couvert étant en chaume sur le derrière.

Enfin grâce au zèle de ces messieurs le Maire, l’adjoint et de divers conseillers municipaux et à l’activité courageuse d‘un noyau de travailleurs bravant les flammes la part du feu a été circonscrite dans la vieille toiture du presbytère dont le remplacement par une charpente neuve aurait approché trois mille francs de dépenses.

Si le ramonage avait été pratiqué naguère, la suie n’aurait pas donné lieu au feu de cheminée du dix neuf la veille.

Une pompe à incendie et des agrès auraient été de la plus grande utilité mais ces ustensiles font actuellement défaut dans cette municipalité.

L’assurance de bâtiments communaux est devenu une mesure de sage prévoyance ainsi contractée le vingt six mai 1878 à 1888. Voir le contrat aux archives.

La compagnie La Nation approuvée par le monsieur le préfet Gilbert le Gnay.